Bâtir la paix


« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 9). Tel est, sans aucun doute, la béatitude qui monte en nos coeurs en ce centenaire de l’armistice de la première guerre mondiale. Bâtir la paix ne doit pas être seulement le fait des « spécialistes » : chefs d’états, diplomates et militaires. Chacun peut et doit apporter sa pierre à l’édifice, fragile et sans cesse à consolider. Ceci parce que la paix est « l’objet du profond désir de l’humanité » (S. Jean XXIII). Elle est le bien sans lequel tous les autres ne valent rien. Seule la paix donne sa juste valeur à la vie, et sans elle le monde est comme privé de lumière et de saveur.
La paix véritable n’est pas la paix de façade, appelée également irénisme. C’est au moment où l’on croit que la paix est acquise qu’elle est le plus menacée. Cette fausse paix cache les problèmes et enterre les conflits. Mais elle se perdra aussi vite qu’elle s’est gagnée. La paix du Christ n’est pas celle-ci : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. » (Jn 14, 27)
Bâtir la paix authentique suppose de regarder en vérité ce qui nous divise, afin de le dépasser. Il faut donc accepter la réalité pour, lentement, humblement, la transformer. La paix durable doit inclure le travail de tous, de la famille à l’État, en passant pas tous les corps intermédiaires. Nul ne peut s’affranchir de bâtir la paix. Chaque niveau de responsabilité compte puisque la paix acquise à un niveau peut bénéficier à un autre. Envisagée ainsi, la paix se structure dans une interdépendance comme le dit si bien ce proverbe  : « Pas de paix dans le monde sans paix entre les peuples, pas de paix entre les peuples sans paix en famille, pas de paix en famille sans paix en moi, pas de paix en moi sans paix avec Dieu. » (Proverbe chinois).

Père Matthias Amiot

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